Les défis collectifs du 21e siècle exigent une nouvelle approche
Le Québec d’aujourd’hui et de demain fait face à de nombreux défis, rendant urgente la mise en oeuvre de réformes agiles et de politiques structurantes pour renouveler le modèle québécois.
Voici des propositions que Québec Innovant met de l’avant pour raviver la démocratie:
Depuis plusieurs décennies, la réforme du mode de scrutin au Québec revient régulièrement dans le débat public sans jamais se concrétiser. Pourtant, un constat s’impose : le système actuel ne reflète pas toujours fidèlement la volonté populaire et contribue à un certain désengagement des citoyens envers la vie démocratique. Malgré plusieurs tentatives, les divergences entre les partis politiques ont jusqu’ici empêché l’émergence d’un consensus durable.
Dans ce contexte, Québec Innovant propose une approche pragmatique et rassembleuse : un modèle hybride qui permettrait de concilier les différentes visions déjà présentes dans l’espace politique québécois, tout en modernisant en profondeur notre démocratie.
Un consensus partiel déjà existant
Au cours des dernières années, des travaux importants ont été réalisés pour faire avancer la réflexion. Le projet de loi 499, porté par le Mouvement Démocratie Nouvelle et appuyé par plus de trente organisations de la société civile, représente l’aboutissement de plusieurs décennies d’analyse et de consultation.
Ce modèle, basé sur une représentation proportionnelle avec compensation régionale, a reçu l’appui de plusieurs partis, dont le Parti Québécois, Québec solidaire et le Parti conservateur du Québec. Il est également très proche de la proposition initialement mise de l’avant par la CAQ en 2018. Ainsi, une large partie de l’échiquier politique s’est déjà entendue sur une base commune.
De son côté, le Parti libéral du Québec privilégie le vote préférentiel, une approche complémentaire qui permet d’exprimer plus finement les préférences des électeurs.
Une solution hybride pour dénouer l’impasse
Plutôt que d’opposer ces deux modèles, Québec Innovant propose de les combiner dans un système hybride cohérent et fonctionnel. Cette approche permettrait de rallier une majorité d’acteurs politiques autour d’une solution commune.
Concrètement, le bulletin de vote comporterait deux volets. Dans un premier temps, l’électeur pourrait classer les candidats de sa circonscription par ordre de préférence. Ce vote préférentiel assurerait que le candidat élu bénéficie d’un appui réel et majoritaire après redistribution des choix. Dans un second temps, l’électeur sélectionnerait un parti à l’aide d’un vote distinct, permettant d’ajuster la répartition des sièges à l’échelle régionale afin de refléter plus fidèlement le vote populaire.
Ce système permettrait ainsi de conserver un lien fort entre les élus et leur territoire, tout en corrigeant les distorsions du système actuel.
Une démocratie plus expressive : ajout du vote blanc
Dans une perspective de modernisation démocratique, Québec Innovant recommande également la comptabilisation du vote blanc. Contrairement à un vote annulé, le vote blanc constitue un geste politique clair par lequel un citoyen choisit de participer à l’élection tout en refusant les options proposées.
Reconnaître officiellement ce vote permettrait de mieux mesurer le niveau réel d’adhésion de la population envers l’offre politique. Cela enverrait également un signal important aux partis, les incitant à renouveler leur offre et à mieux répondre aux attentes des citoyens. La prise en compte du vote blanc contribuerait ainsi à renforcer la légitimité du système électoral en donnant une voix même à ceux qui expriment un désaccord.
Des bénéfices concrets pour les citoyens et la vie politique
Un tel modèle hybride offrirait plusieurs gains immédiats. Le vote préférentiel permettrait de réduire les votes perdus, d’encourager des campagnes plus respectueuses et de favoriser des élus bénéficiant d’un appui plus large. En parallèle, la représentation proportionnelle assurerait une meilleure équité dans la traduction des votes en sièges, donnant une place plus juste aux différentes sensibilités politiques.
Cette combinaison donnerait également aux citoyens plus de liberté. Ils pourraient appuyer des candidats émergents ou des partis plus petits sans craindre de nuire à leurs préférences principales. Cela favoriserait une représentation plus diversifiée et plus fidèle à la réalité québécoise.
Un impact positif sur le rôle des élus et la culture politique
Ce modèle transformerait également la dynamique politique. En étant élus à la suite d’un vote préférentiel et dans un système où chaque vote compte réellement, les députés devraient démontrer une plus grande capacité à rassembler et à convaincre. Cela encouragerait une approche plus authentique et moins strictement partisane.
Dans ce contexte, les élus seraient davantage incités à exercer leur jugement et à défendre les intérêts de leur circonscription, plutôt que de simplement relayer des lignes de communication imposées. Cette évolution contribuerait à atténuer la perception d’« élus plantes vertes » et à redonner de la crédibilité au rôle de député.
Par ailleurs, la dimension proportionnelle favoriserait une véritable concurrence d’idées, poussant les partis à proposer des solutions concrètes et crédibles sur les grands enjeux de société.
Des solutions éprouvées et adaptées au Québec
Il est important de rappeler que ces mécanismes ne sont pas théoriques. Le vote préférentiel est déjà utilisé au Québec dans les courses à la direction des partis politiques, ce qui démontre sa faisabilité et son acceptabilité. De son côté, la représentation proportionnelle avec compensation régionale est bien implantée dans plusieurs démocraties modernes, notamment en Allemagne et en Écosse.
Le Québec dispose donc de tous les outils nécessaires pour adapter ces pratiques à sa propre réalité, sans avoir à improviser ou à prendre des risques démesurés.
Objectifs et résultats attendus
L’adoption d’un tel modèle hybride viserait avant tout à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions démocratiques. Elle permettrait d’assurer une représentation plus juste, de valoriser chaque vote et de renforcer la participation électorale.
À plus long terme, cette réforme contribuerait à améliorer la qualité du débat public, à encourager des décisions politiques plus réfléchies et à favoriser une culture politique plus collaborative et responsable. En intégrant également la reconnaissance du vote blanc, elle offrirait une expression plus complète de la volonté populaire.
En somme, il ne manque plus que la volonté politique. En faisant preuve d’ouverture et de courage, les élus peuvent enfin sortir de l’impasse et doter le Québec d’un mode de scrutin à la hauteur de ses ambitions démocratiques.
Certains enjeux fondamentaux, tels que l’habitation, l’itinérance, auxquels fait face le Québec, comme l’habitation, l’itinérance ou encore l’immigration, dépassent largement les clivages partisans traditionnels. Ces questions complexes exigent des réponses réfléchies, cohérentes et durables, qui s’inscrivent dans le temps plutôt que dans des cycles électoraux courts. Or, dans le contexte actuel, les débats politiques sont souvent marqués par la polarisation et les changements de cap successifs, ce qui nuit à la mise en place de solutions stables et efficaces.
Pour répondre à cette réalité, il devient nécessaire de renforcer des mécanismes capables de favoriser la collaboration, la continuité et la recherche de consensus.
Un outil sous-utilisé mais éprouvé
Les commissions transpartisanes représentent un instrument particulièrement pertinent pour aborder ce type d’enjeux. Elles permettent aux élus de différentes formations politiques de travailler ensemble dans un cadre structuré, en mettant temporairement de côté les logiques partisanes afin de se concentrer sur l’intérêt commun.
L’expérience québécoise démontre la pertinence de cette approche, bien qu’elle ait été utilisée de manière limitée. Depuis 1984, seulement sept commissions spéciales de ce type ont été mises en place. Parmi celles-ci, la commission sur la question de mourir dans la dignité demeure un exemple marquant de succès, ayant permis d’aboutir à une avancée majeure reposant sur un large consensus social et politique.
Ce précédent démontre qu’il est possible, dans certaines conditions, de dépasser les divisions politiques pour traiter des enjeux sensibles avec rigueur et humanité.
Afin de mieux faire face aux enjeux complexes d’aujourd’hui, Québec Innovant propose de renforcer et de systématiser ce mécanisme en instaurant une commission transpartisane sur une base régulière, soit tous les deux ans. Une telle fréquence permettrait d’intégrer cette pratique dans le fonctionnement normal des institutions, plutôt que de la réserver à des situations exceptionnelles.
Cette approche assurerait une continuité dans le traitement des grands dossiers et permettrait d’éviter que certains enjeux structurants soient constamment reportés ou instrumentalisés à des fins politiques.
Une méthode enrichie pour renforcer la légitimité
Pour maximiser l’impact et la crédibilité de ces commissions, il est proposé d’y intégrer des citoyens tirés au sort et disposant des qualifications nécessaires pour contribuer aux travaux. Inspirée du modèle du jury, cette participation citoyenne permettrait d’ancrer les réflexions dans la réalité vécue et d’assurer une meilleure représentativité des préoccupations de la population.
Par ailleurs, le choix des thématiques pourrait être déterminé par un vote préférentiel des 125 députés de l’Assemblée nationale. Ce mécanisme offrirait un double avantage en identifiant les sujets jugés prioritaires tout en assurant, dès le départ, un niveau élevé d’adhésion politique autour de la démarche.
Ces commissions seraient également encadrées par un mandat clair et structuré, axé sur une analyse rigoureuse, une écoute attentive des experts et une consultation approfondie des acteurs de terrain. Ce cadre méthodique garantirait la qualité des travaux et la pertinence des recommandations formulées.
Une meilleure qualité des décisions publiques
Une telle démarche permettrait de produire des recommandations mieux informées, plus équilibrées et davantage acceptées par la population. En favorisant la collaboration entre partis et l’intégration de perspectives variées, elle contribuerait à des solutions plus complètes et mieux adaptées à la complexité des enjeux.
De plus, ce type de processus réduit le risque de recul politique lors des changements de gouvernement. Les solutions issues d’un consensus élargi sont moins susceptibles d’être remises en question, ce qui favorise la stabilité et la prévisibilité des politiques publiques.
Enfin, cette approche encourage une culture politique fondée sur l’argumentation, la collaboration et la responsabilité collective, plutôt que sur l’affrontement partisan.
Objectifs et résultats attendus
L’objectif principal de cette proposition est de doter le Québec d’un mécanisme complémentaire capable de traiter les enjeux les plus complexes avec hauteur et continuité. En institutionnalisant les commissions transpartisanes, il devient possible de sortir certains dossiers des cycles politiques traditionnels et de leur offrir l’attention soutenue qu’ils méritent.
À terme, cette approche permettrait d’améliorer la qualité des décisions publiques, de renforcer la confiance des citoyens envers les institutions et de favoriser l’émergence de solutions durables et largement appuyées. En combinant expertise, participation citoyenne et collaboration politique, le Québec se doterait d’un outil moderne, responsable et adapté aux défis de son époque.
Québec Innovant propose de bâtir un partenariat clair, durable et structurant entre le gouvernement provincial et les municipalités. L’objectif est d’accroître leur capacité d’agir de manière cohérente et efficace face aux grands défis actuels, notamment en matière d’infrastructures, de logement, de développement économique et d’autres enjeux essentiels. Cette vision repose sur l’idée que les différents paliers de gouvernement doivent travailler de façon plus intégrée et plus transparente afin d’obtenir des résultats durables.
Dans cette perspective, la mise en place d’assemblées de comté obligatoires devient un levier important pour améliorer la qualité du dialogue démocratique et renforcer le lien entre les élus et la population.
Pourquoi rendre les assemblées de comté obligatoires ?
À l’heure actuelle, les députés provinciaux ne sont soumis à aucune obligation formelle de tenir des rencontres publiques régulières avec leurs électeurs. Cette situation contraste avec celle des municipalités, où les élus doivent répondre aux questions des citoyens lors de chaque séance publique. Ce décalage crée un manque de symétrie dans la pratique de la reddition de comptes.
Rendre les assemblées de comté obligatoires permettrait de corriger cette incohérence en instaurant une pratique régulière et structurée d’échange entre les élus provinciaux et leur population.
Un mécanisme concret et prévisible
La proposition consiste à instaurer quatre assemblées de comté par année, tenues à des moments stratégiques du calendrier politique, soit en début de chaque session parlementaire et au milieu de celles-ci. Une telle organisation assurerait un suivi régulier des dossiers et éviterait que les échanges avec les citoyens se limitent à des interventions ponctuelles ou circonstancielles.
En instaurant cette régularité, les citoyens disposeraient d’occasions prévisibles pour s’informer, questionner et participer au débat public.
Une amélioration de la transparence et de la reddition de comptes
Ces assemblées constitueraient un espace structuré où les élus doivent expliquer leurs actions, leurs choix et l’évolution des dossiers qui touchent leur circonscription ou la nation. Elles deviendraient à la fois des exercices de consultation et de reddition de comptes particulièrement pertinents pour les électeurs.
Ce cadre favoriserait une meilleure compréhension des enjeux publics et permettrait aux citoyens de suivre concrètement le travail de leur représentant.
Des échanges plus constructifs et mieux informés
Le fait de réunir régulièrement des citoyens, des experts et des élus dans un même espace d’échange contribuerait à améliorer la qualité des discussions. Les points de vue pourraient être confrontés de manière plus rigoureuse, ce qui favoriserait des décisions mieux informées et plus ancrées dans la réalité.
La mise en place de règles de conduite claires et constructives serait essentielle pour assurer un climat respectueux et productif, tant pour les participants que pour l’élu responsable de l’assemblée.
Une responsabilisation accrue des élus et un renforcement du jugement individuel
La tenue régulière d’assemblées de comté aurait également pour effet d’encourager une plus grande rigueur et autonomie de la part des élus. Sachant qu’ils devront rendre compte périodiquement, devant leurs citoyens, de leurs positions et de leurs décisions, ils seraient incités à mieux défendre leurs choix et à les ancrer dans les réalités locales, plutôt que de s’en tenir strictement à des lignes de communication définies par un chef ou un caucus.
Dans ce contexte, ces assemblées favoriseraient implicitement une culture plus propice au vote libre, où les députés se sentent davantage responsables devant leur électorat que devant la discipline partisane. Cette dynamique contribuerait à valoriser le rôle du député comme représentant du territoire, capable de jugement et d’indépendance.
Par la même occasion, cela permettrait de réduire une critique fréquente à l’égard des élus, celle des « plantes vertes » qui se contentent de répéter des éléments de langage sans réelle prise de position. En créant un espace où l’explication, la justification et l’échange sont nécessaires, on élève les attentes envers les élus et on renforce la crédibilité de leur rôle.
Des règles de gouvernance pour des échanges respectueux et constructifs
Afin d’assurer que ces assemblées demeurent des espaces de dialogue constructif plutôt que des tribunes d’affrontement, il est essentiel de s’inspirer des meilleures pratiques déjà en place dans plusieurs conseils municipaux au Québec.
Ces pratiques reposent notamment sur :
- Un code de conduite clair et public, définissant les comportements attendus (respect, courtoisie, absence de propos diffamatoires ou injurieux) et les conséquences en cas de non-respect.
- Un encadrement du droit de parole, avec des temps d’intervention limités et équitables pour tous les participants, afin d’éviter la monopolisation des échanges.
- La présence d’une présidence ou d’un modérateur neutre, responsable de faire respecter les règles, de maintenir l’ordre et d’assurer le bon déroulement des discussions.
- Des périodes de questions structurées, permettant aux citoyens de s’exprimer de façon organisée, tout en assurant que les réponses des élus soient complètes et pertinentes.
- Une priorisation de l’intérêt général, en favorisant les interventions portant sur des enjeux collectifs plutôt que des cas strictement individuels.
- Un encadrement des interventions des groupes organisés, afin de limiter les tentatives de perturbation ou de captation du débat par des intérêts particuliers.
L’objectif de ces règles n’est pas de restreindre la parole citoyenne, mais plutôt de garantir un climat propice à des échanges respectueux, utiles et orientés vers la recherche de solutions. En s’appuyant sur des mécanismes éprouvés au niveau municipal, les assemblées de comté peuvent devenir de véritables espaces de dialogue démocratique de qualité.
Une réduction de l’influence indue
En réservant ces assemblées principalement aux citoyens, aux experts et aux élus, il devient possible de limiter les tentatives de noyautage par certains groupes d’intérêts. Cela permet de recentrer les échanges sur l’intérêt général et d’assurer une représentativité plus équilibrée des préoccupations de la population.
Un cadre structuré contribue ainsi à préserver la qualité et l’intégrité du dialogue démocratique.
Un encadrement institutionnel et un meilleur accès
Afin de garantir le bon fonctionnement de ces assemblées, l’Assemblée nationale pourrait offrir un soutien aux députés en encadrant leur organisation, notamment en ce qui concerne les lieux, les dates, les ordres du jour et les modalités pratiques. Ce soutien favoriserait une uniformité et une efficacité accrues à travers les différentes circonscriptions.
Par ailleurs, l’intégration de la webdiffusion et de l’accès à distance permettrait d’élargir la participation, de rendre les échanges accessibles à un plus grand nombre de citoyens et de renforcer la transparence en permettant la consultation des discussions après leur tenue.
Conclusion
Rendre les assemblées de comté obligatoires constitue une réforme à la fois simple et structurante. Elle permettrait de rapprocher les élus des citoyens, d’améliorer la transparence et la reddition de comptes, et de renforcer la qualité des décisions publiques.
En favorisant un exercice plus authentique du rôle de député, cette mesure contribuerait également à encourager l’indépendance de jugement, à valoriser le vote libre et à redonner confiance aux citoyens envers leurs représentants. Dans l’ensemble, elle participerait à rendre la démocratie québécoise plus vivante, plus responsable et mieux adaptée aux défis contemporains.
Le mécontentement envers les institutions démocratiques et leurs représentants atteint un niveau préoccupant. Plusieurs indicateurs, dont des sondages récents, pointent vers une perte de confiance marquée envers la classe politique. Cette tendance ne repose pas uniquement sur les résultats des politiques publiques, mais aussi sur la manière dont le débat politique est perçu et pratiqué.
Dans ce contexte, la période de questions à l’Assemblée nationale est souvent citée comme un symbole d’une culture politique trop axée sur la confrontation. Bien qu’elle remplisse un rôle essentiel de reddition de comptes et de transparence, sa forme actuelle favorise fréquemment les échanges partisans, la recherche d’effets médiatiques et les stratégies de déstabilisation, au détriment de débats constructifs sur le fond.
Ces constats ne sont pas nouveaux. Depuis plus d’une décennie, plusieurs anciens élus, observateurs et initiatives transpartisanes, soulignent la nécessité de faire évoluer les pratiques parlementaires. Plus récemment, d’anciennes parlementaires ont également relancé cet enjeu en appelant à des changements concrets. Le défi n’est donc pas d’identifier le problème, mais de créer des conditions favorables à son évolution.
Transformer la dynamique : de la confrontation vers la résolution
L’objectif n’est pas d’éliminer le rôle critique de la période de questions, mais d’en modifier progressivement la dynamique. Une « période de solutions » viserait à maintenir la reddition de comptes tout en incitant les parlementaires à contribuer de manière plus constructive.
Cela suppose que les critiques formulées soient accompagnées, lorsque possible, de pistes de solution ou de propositions concrètes. Une telle évolution ne transformerait pas instantanément la culture politique, mais enverrait un signal clair quant aux attentes envers les élus.
Encadrer la préparation des échanges
Une des limites actuelles réside dans la logique d’improvisation contrôlée, où les questions sont souvent utilisées comme outil stratégique plutôt que comme levier de clarification.
Exiger que les questions soient transmises à l’avance, avec un délai raisonnable, permettrait aux ministres de préparer des réponses plus complètes et factuelles. Cela favoriserait des échanges mieux informés, particulièrement sur des dossiers complexes où les réponses improvisées apportent peu de valeur.
Cette approche existe déjà, sous différentes formes, dans plusieurs parlements, notamment pour certains types d’interpellations ou de commissions, et contribue à améliorer la qualité des échanges sans éliminer le rôle critique de l’opposition.
Responsabiliser les intervenants des deux côtés
Une amélioration du décorum et de la qualité des échanges ne peut pas reposer uniquement sur le gouvernement. Les députés qui posent les questions doivent également contribuer à élever le niveau du débat.
Demander que les questions soient formulées de manière claire, et qu’elles incluent, lorsque pertinent, des éléments de solution, permettrait de recentrer les échanges sur les enjeux réels plutôt que sur la recherche d’un avantage partisan immédiat.
Du côté des ministres, une attente claire doit être établie quant à la qualité des réponses. Répondre à la question posée, et non l’éviter, doit redevenir la norme.
Renforcer le rôle du président de l’Assemblée
Le président de l’Assemblée nationale joue un rôle central dans le maintien du décorum, mais ses marges d’intervention sont parfois limitées ou imprécises.
Une clarification de ses pouvoirs, appuyée par des règles plus explicites, permettrait d’intervenir de manière plus cohérente en cas de dérives. Des mesures graduelles, allant du rappel à l’ordre à des sanctions plus concrètes, pourraient être utilisées pour encadrer les comportements.
L’objectif n’est pas de rigidifier les échanges, mais d’assurer un minimum de discipline propice à des débats plus utiles.
Évaluer les formats alternatifs de manière pragmatique
Il est possible que certaines formes actuelles de la période de questions demeurent difficilement réformables en profondeur. Dans ce cas, il serait pertinent d’expérimenter des formats complémentaires ou alternatifs, qui permettraient de tester d’autres façons de structurer les échanges.
Cela pourrait inclure des périodes thématiques, des échanges plus longs et moins fragmentés, ou des formats inspirés d’autres juridictions où le dialogue est plus soutenu et moins théâtral.
L’élimination complète de la période de questions ne doit pas être exclue d’emblée, mais elle devrait être envisagée avec prudence, compte tenu de son rôle dans l’équilibre démocratique.
Conclusion
La réforme de la période de questions ne constitue pas un levier unique pour restaurer la confiance du public, mais elle représente un point de départ concret et visible. Les pratiques actuelles contribuent, en partie, au cynisme ambiant, et leur évolution enverrait un signal important quant à la volonté de moderniser le fonctionnement démocratique.
Plutôt qu’une transformation radicale, une approche progressive, fondée sur des ajustements concrets, une meilleure préparation des échanges et un encadrement plus clair, permettrait d’améliorer la qualité des débats sans affaiblir les mécanismes de reddition de comptes.
Dans un contexte où les enjeux sont de plus en plus complexes, le temps consacré aux échanges parlementaires doit être utilisé de manière plus rigoureuse. Rehausser la qualité de ces échanges constitue un enjeu central pour renforcer la crédibilité des institutions et favoriser une participation citoyenne plus engagée.
Afin d’améliorer l’efficacité de l’action publique et d’assurer une utilisation plus rigoureuse des fonds publics, le Québec gagnerait à se doter d’une commission permanente et indépendante chargée de la révision des programmes gouvernementaux. Cette instance s’inscrirait dans une logique de continuité et d’amélioration progressive, plutôt que dans une démarche ponctuelle liée à un contexte budgétaire particulier.
Cette proposition s’appuie notamment sur l’expérience de la Commission de révision permanente des programmes (Commission Robillard) mise sur pied en 2014. Bien que ses travaux aient permis de poser un diagnostic clair sur plusieurs enjeux structurels de l’État québécois, une part importante de ses recommandations n’a été que partiellement mise en œuvre. Or, dans un contexte de pressions accrues sur les finances publiques et sur la capacité de l’État à livrer efficacement ses services, plusieurs constats formulés en 2015 apparaissent aujourd’hui encore plus pertinents, voire plus pressants.
Un mandat clair, ancré dans l’amélioration continue
La commission aurait pour rôle principal d’évaluer de manière continue la pertinence, l’efficacité et la cohérence des programmes gouvernementaux. Contrairement à une approche centrée uniquement sur la réduction des dépenses, l’objectif serait d’assurer un meilleur alignement entre les interventions de l’État et les besoins réels de la population.
Elle serait appelée à :
- analyser si les programmes atteignent leurs objectifs
- identifier les chevauchements ou les incohérences
- proposer des ajustements concrets, incluant la modification, la fusion ou l’abandon de certaines mesures
Cette approche s’inscrit directement dans la volonté exprimée par la Commission Robillard d’instaurer une culture de révision continue, mais en lui donnant cette fois un ancrage institutionnel durable.
Une instance indépendante pour renforcer la crédibilité
L’un des constats importants de l’exercice de 2015 est que l’absence d’un mécanisme indépendant de suivi a limité la portée des recommandations. Une nouvelle commission devrait donc être clairement distincte du pouvoir exécutif, avec un mandat public, transparent et protégé des cycles politiques.
Sa composition devrait inclure une diversité de profils — experts en politiques publiques, en finances publiques, en administration, ainsi que des acteurs issus du terrain — afin d’éviter une approche uniquement technocratique et de mieux intégrer les réalités vécues par la population.
Un processus structuré, mais plus pragmatique
L’ampleur des recommandations formulées en 2015 a contribué à freiner leur mise en œuvre, notamment en raison de leur complexité administrative et de leur sensibilité politique. Une commission permanente permettrait d’adopter une approche plus pragmatique.
Cela implique une démarche :
- graduelle, en ciblant les priorités les plus critiques
- sectorielle, en tenant compte des réalités propres à chaque domaine
- évolutive, avec des ajustements continus plutôt que des réformes globales
Cette façon de faire permet de réduire les résistances et d’augmenter les chances de mise en œuvre réelle.
Un mécanisme de reddition de comptes concret
L’absence de mécanisme clair de suivi a été un frein majeur après le dépôt du rapport Robillard. Pour éviter que les recommandations ne soient mises de côté, la nouvelle commission devrait s’appuyer sur un cadre formel de reddition de comptes.
Le gouvernement serait ainsi tenu de répondre publiquement aux recommandations, de préciser les actions retenues et de rendre compte de leur mise en œuvre sur une base régulière. Cette transparence est essentielle pour maintenir l’attention sur les résultats.
Une attention portée aux impacts sociaux
Certaines critiques adressées à la Commission Robillard concernaient une approche perçue comme trop centrée sur la performance financière. Une commission renouvelée devrait intégrer de manière explicite l’analyse des impacts sociaux dans ses travaux.
Cela suppose de considérer les effets des changements sur les populations vulnérables, les régions et les services de proximité, afin d’éviter des ajustements qui déplacent les problèmes plutôt que de les résoudre.
Un effort accru de transparence et de communication
Le manque de vulgarisation des travaux de 2015 a aussi contribué à limiter l’adhésion du public. Une commission permanente devrait accorder une attention particulière à la clarté de ses communications.
Des synthèses accessibles, des indicateurs compréhensibles et une diffusion proactive des travaux permettraient de favoriser un débat plus éclairé et de renforcer la légitimité des recommandations.
La mise en place d’une commission permanente et indépendante de révision des programmes constitue une réponse structurante à des enjeux identifiés depuis plusieurs années. L’expérience de la Commission Robillard a permis de poser un diagnostic pertinent, dont plusieurs éléments demeurent aujourd’hui non résolus.
Plutôt que de relancer ponctuellement des exercices similaires, il apparaît plus réaliste de se doter d’un mécanisme continu, capable d’ajuster progressivement l’action de l’État. En misant sur la transparence, la rigueur et une approche pragmatique, le Québec peut améliorer concrètement la performance de ses programmes publics, sans dépendre de réformes majeures difficiles à mettre en œuvre.
Le fonctionnement de l’Assemblée nationale repose encore largement sur des périodes intensives suivies de pauses prolongées, ce qui peut limiter la capacité de l’État à réagir rapidement, à assurer un suivi constant des dossiers et à maintenir un lien soutenu avec les citoyens. Dans un contexte où les enjeux évoluent en continu, il devient pertinent d’examiner des ajustements permettant d’assurer une présence législative plus constante, sans alourdir démesurément la charge de travail des élus.
Cette réflexion s’inscrit également dans une volonté plus large de renforcer la qualité du travail démocratique, notamment en favorisant le vote libre et en rendant obligatoires des assemblées de comté structurées. Ces orientations ont pour effet d’accroître les attentes envers les élus, qui doivent être en mesure de maîtriser à la fois les enjeux complexes débattus à l’Assemblée nationale et les réalités souvent très concrètes et diversifiées de leur circonscription. Cette double exigence rend nécessaire une organisation du travail plus flexible et mieux soutenue.
Dans cette optique, la création d’un rôle de député suppléant constitue une piste à explorer pour renforcer la capacité d’action de l’Assemblée nationale, tout en introduisant davantage de souplesse dans son fonctionnement. Ce type de mécanisme existe déjà sous différentes formes dans plusieurs démocraties comparables ,notamment en France, en Suisse et en Suède, où des dispositifs de suppléance ou de remplacement permettent d’assurer la continuité des travaux parlementaires et de mieux répartir les responsabilités. Sans être transposables tels quels, ces exemples démontrent qu’il est possible d’adapter les institutions pour répondre à des exigences contemporaines accrues, tout en maintenant la clarté démocratique et la qualité de la représentation.
Créer le rôle de député suppléant
La proposition vise à instituer un statut formel de député suppléant, élu au moment des élections générales comme colistier dans chaque circonscription. Ce rôle permettrait d’assurer une présence continue au sein des travaux parlementaires, tout en soutenant le député titulaire dans ses responsabilités.
Dans un contexte où les élus sont appelés à prendre position de manière plus autonome — notamment avec un recours accru au vote libre — ce modèle permettrait aussi d’élargir la capacité d’analyse et de préparation au sein de chaque équipe de circonscription, en répartissant mieux le travail lié à des dossiers de plus en plus techniques.
Permettre un fonctionnement plus continu de l’institution
L’un des objectifs est de permettre à l’Assemblée nationale de fonctionner de manière plus régulière tout au long de l’année. Les interruptions actuelles peuvent ralentir l’étude des projets de loi ou le suivi des politiques publiques.
La présence de députés suppléants offrirait une plus grande continuité dans les travaux, en permettant de maintenir des activités parlementaires actives, notamment en commission. Cela devient particulièrement pertinent dans un contexte où les décisions exigent une compréhension approfondie de dossiers complexes et évolutifs.
Maintenir un équilibre réaliste dans la charge des élus
Les attentes envers les députés ont évolué : ils doivent être à la fois présents dans leur circonscription, disponibles pour les citoyens, et en mesure de participer à des débats législatifs souvent techniques et exigeants. L’ajout d’assemblées de comté obligatoires accentue encore cette responsabilité de reddition de comptes et d’écoute active.
Dans ce contexte, un système de suppléance permettrait de mieux répartir la charge, notamment par une rotation planifiée entre le travail parlementaire et le travail de terrain. L’objectif est de maintenir un niveau d’engagement élevé, tout en évitant une surcharge qui nuit à la qualité des décisions.
Renforcer la présence terrain et le lien avec les citoyens
L’instauration d’assemblées de comté plus fréquentes et structurées implique une présence accrue des élus sur le terrain. Le député suppléant pourrait jouer un rôle actif dans cette dynamique, en assurant une continuité dans les échanges avec les citoyens et les organisations locales.
Cela permettrait d’élargir la capacité d’écoute et de consultation, tout en enrichissant la prise de décision à l’Assemblée nationale avec des perspectives mieux ancrées dans les réalités locales.
Clarifier les fonctions et les limites du rôle
Pour préserver la clarté démocratique, le rôle du député suppléant doit être bien défini. Il pourrait participer aux travaux parlementaires, siéger en commission et contribuer à l’analyse des dossiers, avec accès à l’information nécessaire.
Toutefois, certaines fonctions institutionnelles clés demeureraient réservées aux députés titulaires, afin de maintenir une responsabilité politique clairement identifiable.
Intégrer cette fonction de manière neutre sur le plan budgétaire
La mise en place de cette fonction peut s’appuyer sur une réorganisation des ressources existantes. Le remplacement d’un poste d’attaché politique par un député suppléant permettrait de rediriger les ressources vers un rôle directement lié à la représentation démocratique et au processus législatif.
Cette approche vise à limiter les coûts additionnels tout en améliorant la capacité globale du système.
Améliorer la continuité démocratique et institutionnelle
En plus de renforcer le fonctionnement quotidien, la présence de députés suppléants permettrait d’assurer une meilleure continuité en cas de vacance de poste, réduisant le recours aux élections partielles.
Cela offre un gain en stabilité, tout en évitant des coûts importants et des délais qui peuvent laisser des circonscriptions temporairement moins bien représentées.
Évaluer et ajuster de manière progressive
Compte tenu du caractère novateur de la proposition, sa mise en œuvre devrait être accompagnée d’une évaluation rigoureuse. Une commission parlementaire pourrait en suivre l’évolution et proposer des ajustements en fonction des résultats observés.
Cette approche graduelle permettrait d’adapter le modèle aux réalités du terrain, sans chercher à tout définir dès le départ.
Conclusion
Dans un contexte où l’on souhaite à la fois renforcer la participation citoyenne, favoriser le vote libre et améliorer la qualité des décisions publiques, les exigences envers les élus deviennent plus élevées et plus complexes. La création d’un rôle de député suppléant constitue une réponse pragmatique à cette évolution.
Sans transformer en profondeur les institutions, cette mesure permettrait d’introduire plus de flexibilité, de continuité et de capacité d’analyse dans le travail parlementaire. Mise en œuvre progressivement et ajustée dans le temps, elle contribuerait à rendre l’Assemblée nationale plus apte à répondre aux réalités actuelles, tout en maintenant un lien solide avec les citoyens.
Création d’un bureau indépendant et non partisan de Directeur de la responsabilité financière pour fournir une analyse rigoureuse des finances et des dépenses gouvernementales, ainsi qu’une analyse pluraliste (néoclassique, postkeynésienne, etc.) des tendances de l’économie nationale.
Adoption d’une loi permettant et balisant la création de commissions d’enquête, composées d’experts sélectionnés de manière interpartisane, suite à des pétitions citoyennes à l’Assemblée nationale ayant recueilli 250 000 signatures.
Renforcement de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec pour contrer les abus de pouvoir; et reconnaissance d’une nouvelle génération de droits pour répondre aux changements sociaux, économiques et technologiques.
Création d’une commission transpartisane et participative chargée de rédiger une Constitution du Québec pour façonner une démocratie nouvelle et une identité civique commune qui reflètent mieux les aspirations du peuple québécois.
Création d’un Fonds des médias d’information du Québec pour faciliter la transformation des médias d’information nationaux, régionaux et locaux en organismes sans but lucratif et organisations journalistiques enregistrées, ainsi qu’assurer leur pérennité financière.
Québec Innovant propose la création d’une Commission de l’innovation démocratique, un organisme public indépendant et permanent ayant pour mandat de recommander des réformes visant à approfondir la démocratie dans toutes les branches et à tous les paliers du gouvernement du Québec.
Cette commission aurait également la responsabilité d’évaluer rigoureusement les réformes mises en place, afin de mesurer leur efficacité et d’ajuster les pratiques en continu, dans une logique d’amélioration durable.
Un mandat ancré dans la réalité du travail des députés
Pour être pertinente, cette commission devra s’appuyer sur une compréhension concrète du rôle des députés de l’Assemblée nationale, qui se déploie sur plusieurs fronts :
- À l’Assemblée nationale, où ils participent aux travaux parlementaires : études de projets de loi, commissions, débats, votes et travail en caucus
- En circonscription, où ils rencontrent des citoyens, organisent des activités publiques, traitent des dossiers locaux et assurent un service direct à la population
- Dans leurs fonctions politiques et gouvernementales, que ce soit comme membres d’un parti, ministres ou critiques, où ils contribuent à définir les orientations et les politiques publiques
- Sur le terrain, par leur présence dans les milieux économiques, communautaires et institutionnels, afin de rester connectés aux réalités locales
Cette réalité impose des contraintes importantes de temps et d’organisation. Les réformes démocratiques proposées doivent donc être réalistes, efficaces et complémentaires au travail déjà exigeant des élus.
Un levier pour mieux connecter les institutions aux citoyens
En tenant compte de cette diversité de responsabilités, la Commission pourrait recommander des mécanismes concrets — comme les assemblées de comté — qui s’intègrent naturellement dans le calendrier des députés, tout en améliorant la qualité des échanges avec les citoyens.
Elle contribuerait ainsi à :
- renforcer la transparence et la reddition de comptes
- structurer la participation citoyenne
- améliorer la qualité du dialogue démocratique
- mieux arrimer les institutions aux réalités du terrain
Une démocratie en évolution continue
En dotant le Québec d’un tel organisme, on se donne les moyens d’innover de façon réfléchie, rigoureuse et non partisane. Plutôt que des réformes ponctuelles ou improvisées, cette approche permettrait de bâtir une culture d’amélioration continue de la démocratie.
GRANDES ORIENTATIONS
En plus de nos propositions de réformes démocratiques, nous travaillons à élaborer un programme politique complet, touchant toutes les compétences et missions de l’État du Québec. Voici un avant-goût de certaines de nos grandes orientations que nous nous tâcherons d’approfondir dans les mois à venir. Ces orientations ne constituent pas des politiques finalisées. Elles sont appelées à être développées rigoureusement selon la méthode Québec Innovant, une démarche structurée qui repose sur :
- Une définition claire des problèmes
- Une analyse fondée sur des données probantes
- Des observations de terrain
- Une co-construction avec des profils diversifiés
- Une validation rigoureuse de la faisabilité
- L’anticipation des obstacles à l’implantation
- La traduction en plans d’action concrets
- Un suivi stratégique à long terme
Cette méthode vise à lever les freins à l’innovation et à instaurer une culture politique plus rigoureuse, transparente et orientée vers les résultats.
Faire de l’éducation la priorité permanente de l’État, vu son rôle fondamental sur tous les autres aspects de notre société, en donnant aux élèves comme aux enseignants la possibilité de déployer tout leur potentiel.
Proposition centrale: Rebâtir la confiance en éducation grâce à des États généraux pour écouter suivi d’une commission indépendante pour transformer.
Au Québec, le débat en éducation est trop souvent marqué par la méfiance, la fragmentation et le pointage du doigt entre les différents acteurs. Avant de réformer, il faut d’abord recréer un espace de dialogue capable de rassembler.
C’est pourquoi il faut adopter une approche claire et structurée en deux temps : des États généraux pour écouter et mobiliser, suivis d’une commission indépendante (Commission Parent 2.0) pour transformer.
Dans un premier temps, des États généraux permettraient de donner la parole à l’ensemble des parties prenantes, enseignants, parents, élèves, experts et acteurs du terrain. L’objectif est simple : faire émerger un portrait partagé des enjeux, confronter les points de vue et dégager un minimum de consensus sur les priorités. Cette étape est essentielle pour briser la logique actuelle de confrontation et bâtir une base de confiance.
Une fois ce travail fait, une commission indépendante pourrait prendre le relais afin de traduire ces constats en actions concrètes. Avec un mandat clair, une capacité d’analyse rigoureuse et une vision à long terme, elle serait en mesure de proposer des réformes cohérentes, structurantes et applicables. Ce passage de l’écoute à l’action permettrait de poser les bases d’une nouvelle fondation solide pour le système éducatif, ancrée dans la réalité du terrain et partagée par l’ensemble des acteurs.
Enfin, un retour vers la population viendrait valider les orientations proposées, renforcer leur acceptabilité et permettre certains ajustements. On obtiendrait ainsi une démarche complète : écouter, structurer, puis agir avec légitimité.
À partir de cette fondation, le système serait mieux outillé pour devenir plus agile, adaptable et proactif face aux transformations à venir. C’est précisément dans cette perspective que des enjeux comme l’intelligence artificielle doivent être abordés. Sans en faire l’unique priorité, elle constitue un exemple concret des changements rapides auxquels l’éducation doit s’adapter.
Intégrer ces nouvelles réalités exige à la fois une compréhension fine du terrain et une capacité d’anticipation. Former les élèves, soutenir les enseignants et encadrer les usages ne peut se faire efficacement que dans un système capable d’évoluer avec cohérence, un système qui repose d’abord sur des bases solides, pour ensuite s’ajuster de manière continue et proactive.
AUTRES PROPOSITIONS:
1. Soutenir durablement l’investissement en éducation
L’éducation, tant académique que civique, constitue l’investissement le plus structurant pour une société. Il est essentiel d’en garantir le financement à long terme par une loi assurant un seuil minimal de ressources, afin de prévenir toute dégradation liée aux compressions budgétaires et de maintenir la qualité de l’enseignement.
2. Revaloriser la profession enseignante
La valorisation de l’enseignement passe par une formation initiale solide, un accès accru aux ressources spécialisées, ainsi que du temps dédié au perfectionnement pédagogique. Il est fondamental d’offrir des conditions de travail soutenables, une charge équilibrée et un environnement professionnel sain, marqué par un leadership humain et présent.
3. Améliorer l’attraction et la rétention du personnel enseignant
Pour attirer et retenir les enseignants, il faut miser sur la reconnaissance professionnelle, le soutien d’équipes collaboratives et l’accès réel au développement professionnel. Un accompagnement structuré en début de carrière — incluant mentorat, outils adaptés et meilleures conditions d’entrée dans la profession — est déterminant. Un environnement où les enseignants peuvent progresser et se sentir valorisés consolide durablement leur engagement.
4. Renforcer le réseau des CPE et l’égalité d’accès
Le développement complet du réseau des centres de la petite enfance (CPE), plutôt que le recours aux garderies privées, est essentiel pour offrir à tous les enfants un accès équitable à des services éducatifs de haute qualité. Cela implique aussi de réduire les disparités d’accès, tout en revalorisant le rôle des éducateurs par de meilleures conditions salariales, des avantages sociaux et des possibilités d’avancement professionnel.
5. Soutenir le début du parcours scolaire
Un investissement accru dans les premières années scolaires est crucial. Cela passe par le dépistage précoce des difficultés de développement, ainsi que par un renforcement des compétences fondamentales comme la littératie dès le premier cycle.
6. Réduire les iniquités de façon progressive dans un système à trois vitesses
Le système éducatif québécois repose aujourd’hui sur une structure à trois vitesses — écoles publiques régulières, programmes sélectifs publics et réseau privé subventionné — qui favorise des mécanismes d’écrémage et de ségrégation scolaire. Cette organisation concentre davantage les élèves en difficulté ou issus de milieux défavorisés dans certains milieux, ce qui affaiblit la mixité sociale et nuit à la réussite globale.
Ces dynamiques préoccupantes ne passent pas inaperçues à l’international. Des analyses comparatives ont mis en lumière que ce modèle reproduit des formes de tri social observées ailleurs, associées à une baisse de performance globale du système et à une pression accrue sur les enseignants. Cela renforce l’importance d’agir, mais de le faire avec rigueur et méthode.
Dans ce contexte, toute réforme crédible doit éviter les changements brusques et privilégier une transformation graduelle, cohérente et mobilisatrice.
Une trajectoire en trois étapes peut être mise de l’avant :
- À court terme, encadrer plus strictement les mécanismes de sélection (tests d’admission, critères académiques ou financiers) dans les écoles publiques et privées subventionnées, afin de freiner l’écrémage et stabiliser la composition des groupes.
- À moyen terme, élargir l’accès aux programmes particuliers en les rendant véritablement accessibles à tous, tout en harmonisant progressivement les règles de financement et d’admission entre les différents types d’établissements. Cette étape vise à réduire les écarts sans déstabiliser les milieux existants.
- À long terme, évoluer vers un réseau éducatif plus intégré, dans lequel les écoles publiques et les établissements privés conventionnés adhèrent à des principes communs : accessibilité sans sélection, gratuité réelle et répartition plus équilibrée des élèves. L’objectif est de bâtir un système où la diversité des profils devient une force, plutôt qu’un facteur de division.
Cette approche progressive permet de corriger les déséquilibres actuels tout en préservant la stabilité du réseau, et de converger vers un modèle plus équitable où chaque élève, peu importe son origine ou ses moyens, bénéficie de conditions comparables pour réussir.
7. Offrir des milieux de vie éducatifs de qualité, inspirés des meilleures pratiques et déployés de façon efficiente
La qualité des infrastructures scolaires — tant les bâtiments que les cours d’école — joue un rôle déterminant dans la réussite, la santé et le bien-être des élèves. Or, plusieurs établissements présentent encore des environnements vieillissants ou peu adaptés aux besoins pédagogiques et au développement global des jeunes.
Le Québec n’est toutefois pas en déficit d’idées : de nombreuses initiatives locales ont déjà démontré leur efficacité, que ce soit en matière d’écoles conçues comme milieux de vie, de cours d’école vertes et inclusives, ou d’aménagements favorisant l’activité physique et la santé mentale. L’enjeu n’est plus seulement d’innover, mais de systématiser et de déployer à grande échelle ces pratiques éprouvées.
Cela implique d’abord de s’appuyer sur ce qui fonctionne déjà ici, en identifiant les modèles les plus porteurs et en les répliquant de façon structurée à travers le réseau. Il s’agit ensuite d’assurer des investissements ciblés pour moderniser les infrastructures : espaces lumineux et flexibles, qualité de l’air, accès à la nature, équipements favorisant le jeu actif et des environnements équilibrés entre stimulation et apaisement.
Cependant, améliorer les milieux scolaires ne repose pas uniquement sur des investissements majeurs. Une part importante des gains peut venir d’une utilisation plus intelligente des ressources existantes. Cela passe par une révision des programmes, des modes de gouvernance et de la coordination entre les acteurs afin de réduire le gaspillage, qu’il soit en temps, en coûts ou en efforts dispersés. Plusieurs leviers à faible coût peuvent être activés rapidement si les processus sont simplifiés et mieux alignés.
Enfin, une approche équitable doit guider ces transformations en priorisant les milieux qui en ont le plus besoin. En combinant des investissements judicieux avec des pratiques éprouvées et une meilleure efficacité organisationnelle, il devient possible de créer des milieux de vie scolaires inspirants, favorisant de saines habitudes de vie et contribuant directement à la réussite éducative.
Vision englobante : Passer de l’assurance-maladie à l’assurance santé en adaptant le système aux maladies chroniques, qui forment l’essentiel des maladies actuelles.
Nous faisons face à une véritable crise de santé publique à l’échelle nationale. Les maladies chroniques, tant en santé physique que mentale, sont en forte progression. Aujourd’hui, près de 50 % d’un budget annuel dépassant les 150 milliards de dollars est consacré à la santé, dont environ 70 % pour la prise en charge des maladies chroniques.
À cette pression déjà considérable s’ajoute un défi démographique majeur. Le Québec connaît un vieillissement rapide de sa population, accompagné d’une transformation profonde du ratio entre travailleurs et retraités. De moins en moins d’actifs doivent désormais soutenir un nombre croissant de personnes âgées, ce qui accentue la demande en soins tout en limitant la capacité de financement du système. Cette double pression, hausse des besoins et contraction relative des ressources, rend la situation insoutenable à moyen terme si rien n’est fait.
Sans action rapide et structurante, les coûts continueront d’augmenter, exerçant une pression accrue sur les finances publiques et menaçant l’équilibre des investissements dans des secteurs essentiels comme l’éducation, l’environnement et la culture.
Dans ce contexte, le Québec doit amorcer une transformation en profondeur de son système de santé. Il ne suffit plus de financer les soins : il faut bâtir une véritable assurance santé globale, adaptée aux réalités des maladies chroniques et aux défis d’une population vieillissante. Cette transformation doit s’appuyer sur les principes de santé durable, en misant sur la prévention, l’efficience et la viabilité à long terme du système, ainsi que sur une approche de santé intégrative, qui considère la personne dans sa globalité, physique, mentale, sociale et environnementale.
Notre approche propose un changement de paradigme clair : faire de chaque citoyen un acteur de sa propre santé, tout en renforçant la responsabilité collective. Cela implique notamment de revoir les modèles de rémunération des professionnels afin de valoriser la prévention, la prise en charge à long terme et la collaboration interdisciplinaire. Il faut également améliorer l’accès aux soins, soutenir des parcours de soins continus, personnalisés et centrés sur la personne, et optimiser l’efficacité des interventions grâce à une utilisation stratégique des données.
Dans une perspective de santé durable et intégrative, il s’agit aussi d’agir en amont sur les déterminants de la santé et de favoriser des environnements qui soutiennent de saines habitudes de vie, réduisent les inégalités et préviennent l’apparition des maladies.
Notre objectif est sans équivoque : rééquilibrer le système entre prévention et soins curatifs, ralentir la progression des maladies chroniques et assurer une gestion proactive, intégrée, durable et efficiente de la santé des Québécoises et des Québécois, malgré les pressions démographiques croissantes.
Proposition centrale: Intégrer la santé dans chaque décision publique pour bâtir un Québec plus équitable et en meilleure santé. dans toutes les politiques publiques:
Face à la croissance des maladies chroniques, au vieillissement de la population et aux pressions sur les finances publiques, il est urgent de repenser notre approche de la santé. Le système actuel, centré sur les soins, ne suffit plus : la santé se construit d’abord à travers les conditions de vie.
Notre proposition vise donc à intégrer la santé physique et mentale dans toutes les politiques publiques, afin d’agir en amont sur les déterminants sociaux, économiques et environnementaux.
Cette approche repose sur des bases solides :
- le rapport Lalonde, qui a élargi la vision de la santé
- la Charte d’Ottawa, qui affirme que la santé se crée dans tous les milieux de vie
- la Déclaration d’Helsinki (OMS), qui formalise l’approche Santé dans toutes les politiques
- ainsi que des initiatives québécoises comme l’article 54 et la Politique de prévention en santé
Pourquoi cette approche est essentielle?
Parce que l’équité en santé doit être renforcée en agissant sur les conditions de vie. Cela implique de faire de la santé un réflexe gouvernemental, d’aligner les politiques publiques et de créer des environnements favorables au bien-être. Adopter cette approche, c’est passer d’un système réactif à un modèle proactif, capable d’améliorer durablement la santé de la population tout en assurant la viabilité du système.
Parce que la santé dépasse le système de soins : les décisions en urbanisme, éducation, transport ou environnement influencent directement la santé.
Parce que les maladies chroniques sont en grande partie évitables : agir en prévention est plus efficace et moins coûteux.
Parce que le modèle actuel n’est pas soutenable dans un contexte de vieillissement et de pression budgétaire.
AUTRES PROPOSITIONS:
Porter le budget de prévention à un minimum de 5% des sommes investis en santé.
Pour assurer la pérennité de notre système de santé et réduire durablement la maladie, nous proposons de hausser la part du budget de la santé consacrée à la prévention à au moins 5 %, soit un niveau comparable à celui d’autres provinces canadiennes comme l’Ontario et la Colombie‑Britannique, qui dépassent ce seuil. Actuellement, cette part se situe à environ 1,74 %, ce qui est reconnu comme largement insuffisant par les experts en santé publique.
S’attaquer au sucre comme on l’a fait pour le TABAC.
Instaurer une taxe sur le sucre et les édulcorants permettrait de générer des revenus dédiés à un objectif précis : financer directement des initiatives éprouvées qui favorisent les saines habitudes de vie, comme les programmes de nutrition scolaire, les infrastructures sportives locales ou les projets de prévention en santé. En réinvestissant systématiquement ces fonds dans des actions concrètes, on crée un cercle vertueux où la fiscalité devient un levier de mieux‑être collectif.
Pour garantir la transparence, les revenus et les dépenses pourraient être rendus publics dans un tableau de bord simple et accessible à tous, montrant clairement où va chaque dollar. Le principe serait limpide : taxer le sucre et les édulcorants, transférer automatiquement ces revenus dans un Fonds des saines habitudes de vie, laisser un comité indépendant gérer les répartitions, puis évaluer systématiquement les retombées des investissements. Ainsi, chaque citoyen pourrait suivre l’impact réel de la mesure et constater les bénéfices pour la santé de la population.
Bouger, c’est payant : moderniser nos crédits d’impôt pour la santé:
Mettre à jour les crédits d’impôt au Québec permettrait d’encourager directement les citoyens à adopter de meilleures habitudes de vie, en offrant un remboursement pour des dépenses comme les rencontres avec un kinésiologue, l’abonnement à un gym ou les services d’un nutritionniste. Le Québec a déjà des crédits d’impôt ciblant l’activité physique pour certains groupes, comme les enfants et les aînés, ce qui démontre que la fiscalité peut soutenir efficacement la participation à des activités bénéfiques pour la santé.
En élargissant ce modèle à toute la population, et en rendant les reçus admissibles simples et uniformes, le gouvernement favoriserait la prévention et réduirait les obstacles financiers pour rester actif. Un tableau de bord public pourrait afficher en toute transparence les montants investis et les retombées, s’appuyant sur les mécanismes de suivi déjà utilisés par Revenu Québec pour d’autres crédits d’impôt. Cela donnerait aux citoyens une vision claire de l’impact réel de cette mesure — et un incitatif concret pour prendre soin de leur santé.
Aller vers des organisations apprenantes en santé et services sociaux.
Pour améliorer durablement le système de santé et des services sociaux, il faut passer d’une logique de réformes improvisées à celle d’organisations apprenantes. Cela signifie miser sur l’amélioration continue, une gouvernance plus compétente et la mise en œuvre réelle des innovations, tout en éliminant les processus qui nuisent à la prise de décision. Cela implique aussi de soutenir les équipes, de reconnaître les pénuries de main‑d’œuvre comme un problème structurel et de créer un environnement où les professionnels peuvent apprendre de leurs erreurs sans être punis.
En parallèle, il est essentiel d’adopter une gestion participative, où les travailleurs — y compris ceux en première ligne — ont un réel pouvoir d’améliorer leur travail. Le bien‑être des employés doit être renforcé par des actions concrètes, et les services sociaux doivent être pleinement intégrés aux réformes pour éviter de futurs silos. Enfin, tout changement doit être accompagné de manière sérieuse afin que les innovations soient réellement adaptées et appliquées sur le terrain.
Les meilleures pratiques pour la gestion de nos urgences.
Pour améliorer radicalement la performance des urgences au Québec, il faut adopter les pratiques qui fonctionnent déjà ailleurs : une gestion en temps réel des données pour suivre les volumes et les délais, comme le fait le système canadien via le SNISA, et des modèles organisationnels interprofessionnels qui optimisent le rôle de chaque membre de l’équipe, à l’image du modèle éprouvé de l’Hôpital Montfort, qui a réduit les fluctuations et maintenu la qualité malgré la pénurie de personnel.
Ensuite, il faut s’attaquer aux causes des longues attentes : réduire les visites évitables, mieux coordonner les services régionaux et améliorer le flux vers les lits d’hospitalisation — des enjeux confirmés par les analyses montrant que le Québec affiche les pires temps d’attente au pays. Combinées aux stratégies internationales les plus efficaces (triage rapide, cliniques satellites, accès fluide aux lits), ces mesures permettraient de hisser les urgences québécoises parmi les plus performantes, en ville comme en région.
L’urgence d’agir face aux changements climatiques ne fait plus de doute : leurs effets se multiplient et touchent déjà concrètement le quotidien des Québécois, qu’il s’agisse d’inondations qui fragilisent des habitations, de vagues de chaleur et de problèmes respiratoires qui affectent la santé, ou encore de la hausse des coûts liés à l’entretien d’infrastructures de plus en plus sollicitées. Dans ce contexte, la transition écologique s’impose, mais elle s’inscrit aussi dans une réalité où ses coûts et ses contraintes peuvent susciter des préoccupations légitimes.
Pour réussir, cette transition doit reposer sur l’adhésion réelle des citoyens. Cela implique de reconnaître clairement les efforts demandés, d’en expliquer les raisons et de démontrer les bénéfices concrets des changements proposés. Il est tout aussi essentiel de mieux informer la population des coûts de l’inaction : retarder les décisions ne fait qu’amplifier les impacts et alourdir les factures à long terme. Une communication simple, transparente et accessible, jumelée à des décisions rigoureuses et cohérentes, est indispensable pour favoriser une compréhension partagée des enjeux.
C’est en s’appuyant sur une gouvernance crédible, des choix bien réfléchis et des mécanismes transparents que l’on pourra bâtir la confiance nécessaire. En établissant un lien clair entre les impacts vécus, les efforts exigés, les coûts évités et les résultats attendus, il devient possible de mobiliser durablement la population et de mener à bien une transition à la fois ambitieuse, équitable et réaliste.
PRINCIPALES PROPOSITIONS:
Renforcer la gouvernance et l’efficacité des outils de transition climatique
Le Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC) constitue un levier central qui doit être modernisé pour maximiser son impact. Sa gestion doit être confiée à un comité indépendant et reposer sur des principes de transparence, de reddition de comptes et de performance mesurable. Des critères clairs et des indicateurs accessibles doivent guider les décisions d’investissement afin d’assurer la pertinence des projets financés et renforcer la confiance du public.
Transformer la mobilité de manière équitable et innovante
La transition en transport doit aller au-delà de la simple électrification et s’attaquer à la dépendance à l’automobile individuelle. Cela implique de prioriser le transport collectif, de développer des solutions complémentaires comme l’autopartage et d’intégrer rapidement les innovations en mobilité. Cette transformation doit s’appuyer sur la collaboration avec les assureurs et les instances réglementaires afin d’adapter les incitatifs.
Dans une perspective d’équité, il est essentiel d’offrir des alternatives réelles avant d’imposer des mesures contraignantes. Une transparence complète des revenus liés à l’usage automobile, combinée à des mécanismes tels qu’un bonus-malus réinvesti dans les transports durables et des mesures comme le recyclage des véhicules à essence, permettra de soutenir une transition juste et efficace.
Repenser l’aménagement du territoire et les milieux de vie
Un chantier structurant en urbanisme doit permettre de revoir l’organisation du territoire en intégrant les principes de santé durable et de biodiversité au cœur des décisions. Cela implique une réflexion sur les périmètres urbains et sur les conditions d’une cohabitation durable entre les activités humaines et les écosystèmes.
Les villes et les régions doivent être accompagnées et outillées pour concilier développement et protection de l’environnement. Il est aussi essentiel de leur donner des leviers concrets pour préserver leurs milieux naturels et mettre en valeur leurs atouts, tout en favorisant des environnements de vie sains, actifs et adaptés aux réalités climatiques.
Innover en habitation et soutenir des milieux de vie durables
Le secteur de l’habitation doit évoluer vers des modèles plus flexibles, diversifiés et résilients. Cela passe par l’intégration systématique de principes de construction durable, tant dans les nouvelles constructions que dans les rénovations, afin de réduire l’empreinte environnementale et d’assurer l’adaptabilité aux changements climatiques.
Des incitatifs financiers et des ajustements réglementaires doivent encourager la transformabilité des logements et soutenir des formes d’habitation mieux adaptées aux besoins actuels, tout en contribuant à la vitalité des communautés.
Mobiliser les institutions pour renforcer l’économie locale
Les institutions publiques peuvent jouer un rôle clé dans la transition en soutenant l’économie de proximité. En favorisant l’approvisionnement local et biologique, notamment dans les réseaux publics, on contribue à structurer des circuits alimentaires durables et à renforcer la résilience des communautés.
Une révision des mécanismes de financement et de soutien aux infrastructures locales permettra également de consolider un tissu économique plus accessible et ancré dans les territoires.
Moderniser la gouvernance et renforcer la participation citoyenne
La réussite de la transition repose sur une adhésion collective. Cela nécessite de moderniser les mécanismes de participation citoyenne afin de les rendre plus accessibles, continus et significatifs. Le renforcement des budgets participatifs et l’évolution des instances de consultation vers des modèles plus ouverts et interactifs permettront une implication accrue des citoyens dans les décisions.
Déployer une approche cohérente d’écofiscalité
Enfin, une politique environnementale structurante doit s’appuyer sur des leviers économiques efficaces. Le développement d’une écofiscalité cohérente — incluant notamment des mécanismes comme la tarification du carbone — permettra d’orienter les comportements, de soutenir les énergies renouvelables et d’améliorer l’efficacité énergétique.
L’ensemble de ces actions forme une démarche intégrée, appelée à être mise en œuvre progressivement, en misant sur la cohérence des interventions, l’efficacité des ressources et la capacité à transformer durablement nos milieux de vie.
Vision englobante : Mesurer autrement, prospérer durablement
L’objectif est de bâtir une économie prospère, innovante, durable et équitable, capable de répondre aux défis du 21ᵉ siècle. Cette vision repose sur une gestion budgétaire rigoureuse et responsable à long terme, ainsi que sur une adaptation profonde de notre modèle économique aux réalités technologiques, sociales et environnementales.
Elle implique de miser sur la formation et la reconnaissance des compétences afin de répondre aux besoins du marché du travail, tout en soutenant la transformation des entreprises par la modernisation technologique, la transition écologique et l’adoption de pratiques plus inclusives, comme la gestion participative et l’équité salariale.
Par ailleurs, il devient essentiel de revoir la manière dont nous évaluons la performance économique. Bien que le PIB réel par habitant puisse croître, une part importante de la population continue de faire face à des difficultés importantes, notamment en matière de logement et de sécurité financière. C’est pourquoi les décisions publiques devraient désormais s’appuyer sur un ensemble élargi d’indicateurs de qualité de vie, afin de mieux refléter la réalité des Québécois.
Dans cette perspective, les décisions publiques devraient s’appuyer sur un ensemble élargi d’indicateurs complémentaires au PIB. Ceux‑ci incluraient notamment des mesures liées à la qualité de vie, à la sécurité économique, à l’accès au logement, à la santé, à l’environnement et à la productivité durable. L’objectif est d’obtenir une lecture plus complète de la performance collective et de mieux orienter les politiques publiques vers des résultats concrets pour la population.
Main-d’œuvre, compétences et entrepreneuriat
La pénurie de main-d’œuvre représente un défi structurel majeur dans un contexte de vieillissement accéléré de la population et de ralentissement de la croissance démographique. Pour y répondre efficacement, il est nécessaire d’adopter une approche à la fois rigoureuse, pragmatique et ancrée dans la réalité des milieux.
Il convient d’investir de manière soutenue dans la formation, la requalification et la reconnaissance des compétences afin d’augmenter l’offre de talents dans les secteurs prioritaires. Des parcours de formation plus courts, flexibles et mieux adaptés aux besoins du marché, jumelés à des partenariats étroits entre les entreprises et les institutions d’enseignement, permettront de réduire plus rapidement les écarts de compétences. À cela doivent s’ajouter des incitatifs favorisant la participation au travail et la rétention des travailleurs expérimentés.
Dans ce contexte, les politiques d’immigration doivent constituer un levier complémentaire essentiel, tout en étant dépolitisées et guidées par des données concrètes. Il est crucial de passer d’une approche centralisée à une gouvernance plus collaborative, qui s’appuie sur l’expertise du terrain.
Cela implique :
- une écoute structurée et continue des acteurs locaux, notamment les maires et mairesses, les services de première ligne, les entreprises et les organismes communautaires ;
- la mise en place de mécanismes leur permettant d’estimer et de communiquer leur capacité d’accueil réelle à court, moyen et long terme ;
- une meilleure alignement entre les seuils d’immigration, les besoins du marché du travail et la capacité d’intégration (logement, services publics, francisation, etc.).
Une telle approche permettrait d’assurer une intégration plus harmonieuse des personnes immigrantes, tout en évitant de créer des pressions excessives sur les infrastructures et les services essentiels.
Parallèlement, le soutien à l’entrepreneuriat et au repreneuriat demeure essentiel pour assurer la pérennité du tissu économique. Faciliter le transfert d’entreprises, notamment en région, permet non seulement de préserver les emplois et le savoir-faire, mais aussi de maintenir des actifs stratégiques au Québec dans un contexte où de nombreuses entreprises sont appelées à changer de mains.
L’objectif global est de bâtir une économie capable de mobiliser pleinement ses talents, d’attirer les compétences nécessaires de manière responsable, et de soutenir une croissance à la fois durable et équilibrée sur l’ensemble du territoire
Un environnement d’affaires cohérent, équitable et compétitif
La compétitivité de l’économie ne repose pas uniquement sur une réduction du fardeau réglementaire, mais sur la cohérence et l’équité des règles appliquées aux entreprises.
Aujourd’hui, certaines politiques publiques, bien qu’animées d’objectifs légitimes, créent des effets contradictoires qui pénalisent les entreprises locales. Dans plusieurs cas, des producteurs québécois se voient imposer des coûts additionnels, notamment liés à la tarification carbone ou à la gestion des matières résiduelles, alors que leurs concurrents étrangers, dont les produits parcourent des milliers de kilomètres, n’y sont pas assujettis de manière comparable.
Cette situation fragilise la compétitivité des entreprises d’ici et va à l’encontre des objectifs poursuivis, comme la souveraineté alimentaire, la réduction des émissions ou l’encouragement à l’achat local. Elle alimente également un décalage entre les intentions affichées par les politiques publiques et leur effet concret sur le terrain.
Dans ce contexte, améliorer l’environnement d’affaires signifie avant tout :
- Assurer une application équitable des règles entre les produits locaux et importés
- Renforcer la cohérence entre les différentes politiques publiques afin d’éviter que l’État ne crée lui-même des obstacles à ses propres priorités
- Simplifier les procédures administratives et réduire les délais, sans compromettre les objectifs environnementaux et sociaux
- Mettre en place des mécanismes d’évaluation permettant de mesurer les impacts réels des politiques sur la compétitivité des entreprises québécoises
L’objectif est clair : bâtir un environnement d’affaires où les entreprises locales ne sont pas désavantagées par les règles qu’on leur impose, mais soutenues de manière cohérente dans leur capacité à innover, produire et concurrencer efficacement.
Une économie durable, circulaire et résiliente
La transition vers une économie durable constitue un pilier central de cette vision. Elle repose sur une approche de capitalisme climatique qui favorise à la fois la prospérité économique et la responsabilité environnementale.
Concrètement, cela suppose d’accélérer les investissements dans les énergies renouvelables et d’encourager l’adoption de pratiques d’affaires durables. Cette transition doit également intégrer un principe de justice climatique, en veillant à ce que les populations les plus vulnérables ne soient pas les plus affectées par les transformations en cours, mais qu’elles puissent au contraire en bénéficier pleinement.
Dans cette perspective, le développement d’une économie circulaire permet de maximiser l’utilisation des ressources, de réduire le gaspillage et de stimuler l’innovation dans les secteurs de la production, de la transformation et de la distribution. Une telle approche contribue également à réduire les coûts liés au transport et aux externalités environnementales, tout en renforçant la résilience économique.
Une croissance économique inclusive
Le modèle de développement proposé vise à créer de la richesse sans accentuer les inégalités. Il s’agit de mettre en place des mécanismes concrets permettant une redistribution durable des gains économiques, afin que l’ensemble de la population bénéficie de la croissance.
Cela passe notamment par la promotion de pratiques d’affaires plus équitables, telles que l’actionnariat salarié, l’équité salariale et la prise en compte de l’impact social dans les décisions d’entreprise. L’objectif est de renforcer la cohésion sociale tout en assurant une prospérité partagée.
Une fiscalité adaptée aux réalités contemporaines
Le régime fiscal doit évoluer pour refléter les transformations de l’économie. Une réforme en profondeur est nécessaire afin d’assurer une contribution juste de chacun, tout en maintenant la capacité de l’État à financer les services publics essentiels.
Cette modernisation doit tenir compte des réalités numériques, écologiques et sociales, et viser à concilier équité et efficacité économique dans un contexte en constante évolution.
Une gestion publique rigoureuse et performante
Afin d’assurer une utilisation optimale des ressources publiques, il est impératif de renforcer la gouvernance des projets et des programmes. Trop souvent, les grands projets dépassent les budgets et les échéanciers prévus. La mise en place d’indicateurs de performance clairs, d’outils de suivi transparents et de mécanismes d’imputabilité permettrait d’améliorer significativement les résultats.
Dans le même esprit, la création d’une commission permanente de révision des programmes permettrait d’éliminer les doublons, de réduire les inefficacités et d’ajuster les interventions de l’État en fonction de résultats mesurables. L’objectif est de maximiser les retombées économiques, sociales et environnementales des dépenses publiques à long terme.
Innovation, technologies et productivité
Le dynamisme économique repose en grande partie sur la capacité à innover et à intégrer efficacement les nouvelles technologies. Il est donc essentiel d’accélérer le passage de l’innovation à sa mise en marché, notamment en facilitant l’accès au capital, aux infrastructures technologiques et aux plateformes de développement.
Dans ce contexte, l’automatisation et l’intelligence artificielle doivent être envisagées comme des leviers de productivité complémentaires au travail humain, et non comme des substituts. Les meilleures pratiques observées à l’échelle internationale démontrent que les gains les plus durables proviennent de modèles où la technologie augmente les capacités des travailleurs, améliore la prise de décision et réduit les tâches répétitives, tout en valorisant l’expertise humaine.
Une telle approche suppose :
- l’intégration responsable de l’IA dans les entreprises et les services publics ;
- le développement de compétences numériques et analytiques à tous les niveaux de la main-d’œuvre ;
- l’encadrement éthique et transparent des usages technologiques ;
- et un accompagnement des organisations dans leur transformation numérique.
L’objectif est d’augmenter la productivité globale sans déshumaniser le travail, en créant des environnements où l’humain et la technologie évoluent en synergie.
Parallèlement, la diversification des marchés doit être encouragée afin de réduire la dépendance économique envers certains partenaires. Un accompagnement accru des entreprises dans leurs démarches d’exportation, combiné à un renforcement des réseaux logistiques, permettrait d’ouvrir de nouvelles perspectives de croissance.
Le soutien à l’achat local constitue également un levier important. En augmentant la part des achats publics et privés auprès de fournisseurs québécois, il est possible de stimuler l’économie tout en consolidant les chaînes d’approvisionnement locales.
Une innovation économique à expérimenter : le crédit‑troc
Dans une perspective d’innovation, l’implantation de projets pilotes de crédit‑troc représente une avenue prometteuse. Ce mécanisme permet d’organiser des échanges de biens et de services sans recourir à l’endettement traditionnel, en utilisant un système de crédits et de débits équivalents en valeur.
Un tel modèle pourrait agir comme stabilisateur économique en période de faible liquidité, augmenter le pouvoir d’achat réel et favoriser des formes de finance plus durables et inclusives. Il offre également des possibilités d’optimisation fiscale grâce à des mécanismes automatisés intégrés aux transactions.
Étant donné son caractère novateur, une expérimentation à l’échelle régionale permettrait d’en évaluer la faisabilité, l’adhésion des acteurs et les impacts concrets avant d’envisager un déploiement plus large.
Dans son ensemble, cette approche vise à bâtir une économie plurielle, circulaire, innovante et inclusive, soutenue par des choix collectifs responsables. L’objectif ultime est d’améliorer de manière tangible la qualité de vie des Québécois, tout en assurant la prospérité et la résilience du Québec à long terme.
Créer une société où chacun peut vivre dignement ne repose pas sur une solution unique ou rapide, mais sur une série de choix cohérents, maintenus dans le temps. Le Québec fait face à des réalités diverses, régionales, économiques et démographiques, qui exigent des réponses différenciées, progressives et ancrées dans le concret. Cela nécessite de mieux s’appuyer sur l’expérience des acteurs de terrain, tout en adaptant des pratiques qui ont démontré leur efficacité ailleurs dans des contextes comparables.
Assurer l’accès à un logement abordable et adéquat
L’accès au logement est aujourd’hui sous pression dans plusieurs régions, avec des causes multiples : rareté, spéculation, coûts de construction, et délais administratifs. Il n’existe pas de solution unique, mais une combinaison de mesures graduelles peut améliorer la situation.
Mettre en place un financement stable et prévisible
Le principal défi pour les promoteurs de logements sociaux et communautaires reste l’incertitude financière. Des engagements pluriannuels plus clairs permettraient de mieux planifier les projets et d’éviter les cycles d’arrêt et de redémarrage. L’objectif n’est pas nécessairement d’augmenter massivement les dépenses à court terme, mais de les rendre plus constantes et mieux ciblées, afin de sécuriser les projets en amont.
Développer un parc de logements à vocation non spéculative
Augmenter la proportion de logements hors marché peut contribuer à stabiliser les prix, mais cela prend du temps. Une stratégie réaliste consiste à intégrer progressivement ces logements dans les nouveaux développements et à saisir les opportunités d’acquisition d’immeubles existants. L’enjeu est de protéger ces actifs à long terme, plutôt que de simplement augmenter l’offre à court terme.
Soutenir des organisations fortes et autonomes
Tous les groupes n’ont pas la même capacité de livraison. Il est donc pertinent de concentrer davantage les efforts sur ceux qui ont démontré une capacité de gestion et une volonté de se structurer à long terme. Cela passe par du soutien en expertise, mais aussi par une certaine consolidation du milieu, afin d’éviter le morcellement et les inefficacités.
Encadrer les usages qui réduisent l’offre résidentielle
La location à court terme et certains usages spéculatifs contribuent à réduire l’offre, mais leur importance varie selon les territoires. Une approche uniforme risque d’être inefficace. Des mesures mieux ciblées, adaptées aux réalités locales, permettraient d’intervenir là où la pression est réelle sans pénaliser inutilement d’autres milieux.
S’inspirer et apprendre des meilleures pratiques
Le Québec n’a pas à repartir de zéro. Plusieurs initiatives locales ont déjà fait leurs preuves, mais elles demeurent souvent à petite échelle. L’enjeu est moins d’inventer que de reproduire et d’adapter ce qui fonctionne, en tirant aussi des leçons d’autres juridictions comparables, sans chercher à transposer des modèles sans adaptation.
Simplifier et renforcer le soutien au revenu et aux services
Le filet social québécois est relativement développé, mais il est souvent difficile à naviguer pour les personnes qui en ont besoin. L’enjeu est moins de tout reconstruire que de rendre l’existant plus accessible et cohérent.
Rendre les programmes plus simples et accessibles
La multiplication des programmes et des critères nuit à leur efficacité. Une simplification progressive, en regroupant certaines mesures et en harmonisant les processus, permettrait d’améliorer l’accès sans nécessairement réduire la couverture. L’objectif est de diminuer la complexité administrative, autant pour les usagers que pour les gestionnaires.
Reconnaître le rôle clé du milieu communautaire
Les organismes communautaires sont souvent les premiers à absorber les lacunes du système public. Toutefois, leur capacité varie beaucoup. Un financement plus stable permettrait de consolider ceux qui sont bien implantés, tout en évitant de dépendre uniquement de leur capacité à compenser les failles du réseau.
Mieux coordonner les services pour soutenir des personnes en situation de précarité
Les situations de précarité sont rarement liées à un seul facteur. Une meilleure coordination entre les services — notamment entre revenu, logement et emploi — peut améliorer les résultats, mais cela demande du temps et une meilleure circulation de l’information entre les acteurs.
Démocratiser l’accès à la culture québécoise
L’accès à la culture est inégal selon les régions, les revenus et les parcours de vie. L’objectif n’est pas de tout uniformiser, mais de réduire certains écarts et de créer plus d’occasions d’accès.
Renforcer la place de la culture en éducation
L’école reste le point de contact le plus structurant. Sans alourdir les curriculums, il est possible d’intégrer davantage d’activités culturelles existantes, en s’appuyant sur les ressources locales et les partenariats.
Faire de la culture un levier d’intégration
Pour les personnes immigrantes, l’accès à la culture ne se fait pas automatiquement. Des initiatives simples, intégrées aux parcours d’accueil, peuvent faciliter cette rencontre, sans nécessiter de grands programmes supplémentaires.
Soutenir les créateurs et les diffuseurs
Le financement public joue déjà un rôle important, mais il est souvent fragmenté et imprévisible. Une meilleure prévisibilité, même sans augmentation majeure des budgets, permettrait aux acteurs de mieux planifier et de stabiliser leurs activités.
Améliorer l’accessibilité
Les enjeux d’accès varient : coût des billets, distance, information. Des mesures ciblées — comme des initiatives locales, des partenariats ou des programmes spécifiques — peuvent répondre à ces réalités sans nécessiter une approche uniforme à l’échelle du Québec.
S’inspirer des pratiques innovantes et éprouvés
Plusieurs initiatives québécoises fonctionnent bien, mais restent isolées. L’enjeu est de les faire circuler et de permettre leur adaptation ailleurs, plutôt que de multiplier de nouveaux projets sans capitaliser sur l’existant.
Améliorer l’accès au logement, rendre les programmes d’aide plus simples et plus faciles d’accès, et élargir l’accès à la culture ne se fera pas rapidement ni par une seule grande réforme. Dans l’immédiat, il s’agit d’identifier ce qui fonctionne déjà et d’en élargir la portée, tout en ciblant les blocages les plus importants — que ce soit dans l’accès aux programmes, les délais de réalisation des logements ou les inégalités d’accès à la culture selon les territoires.
En avançant par étapes, en priorisant les actions qui ont le plus d’impact et en adaptant les solutions aux réalités locales, le Québec peut améliorer progressivement les conditions de vie. L’objectif n’est pas de transformer le système du jour au lendemain, mais de le rendre plus accessible, plus cohérent et plus efficace au fil du temps, avec des résultats concrets et mesurables.
